02-02-06
c'était un pays ...
C'était un pays où les gens parlaient, parlaient, parlaient.
Et le souffle sortait de leur bouche, sortait, sortait, sortait
de plus en plus vite ...
Et ça finit ce souffle par faire du vent, du vent
du vent de plus en plus violent ...
qui finit par devenir tempête,
une tempête de mots pareille à une tempête de grelons
car tous ces mots qui se choquaient et s'entrechoquaient
faisaient beaucoup de bruit, beaucoup, beaucoup,
autant de bruit que le tonnerre, terrible, terrifiant,
assourdissant.
Et au plus il y avait du bruit
et au plus les gens parlaient fort, de plus en plus fort,
pour se faire entendre
et de plus en plus de souffle sortait de leur bouche
et ça faisait de plus en plus de vent
et ça faisait de plus en plus de bruit
et au plus ils parlaient vite et au plus ils faisaient d'efforts
et au plus ils devenaient rouges de faire tant d'efforts
et au plus ils s'échauffaient
et au plus ça chauffait l'air sur la Terre
de plus en plus, de plus en plus.
Et les mots se choquaient
et le bruit grandissait
et le vent siflait
et l'air chauffait chauffait
toujours plus
Et au plus le souffle s'échappait du corps des gens
et au plus les gens se dégonflaient
A vue d'oeil ils se dégonflaient
Et ils se dégonflèrent tellement qu'ils moururent
Tous.
Et le bruit assourdissant, et la chaleur terrible, et le vent violent
durèrent encore un moment
puis finirent enfin par s'apaiser
Mais il n'y avait plus d'oiseaux
plus un arbre
plus de maison
plus rien.
.....
Plus tard, beaucoup plus tard,
d'autres gens qui parlaient beaucoup
eux aussi
voulurent absolument trouver une "explication logique"
c'est à dire dont on pouvait parler
à ce phénomène
et c'est comme ça que
pour couper court à toute discussion
et faute d'imagination
ces gens inventèrent la légende de
la bombe atomique.
Et ils firent bien, car la légende, elle,
survécut ...
(B92)

03-02-06
le ciel regarde ...
Le ciel regarde vers la terre.
Ecrire serait laisser les mots se déverser
pour irriguer le sol.
Toute phrase est de pluie
et de lumière.
J'écris le désert.
Si forte est la lumière
que la pluie s'est volatilisée.
Il n'y a plus que le sable
où je passe.
EDMOND JABES - l'eau (extrait)
http://www.ebabylone.com/infosearch.php?q=Ecriture&action=edit
04-02-06
Faille ...
FAILLE
s'écartèle et se rompt
douloureuse éclosion
sérénité précoce d'un
RENOUVEAU
(B84)
http://luth2.obspm.fr/~luminet/Art/lithos.html
05-02-06
Amitié ...
Amitié :
Tu as fait un joli rêve et tu ne voulais pas y croire
de peur de te réveiller
Mais le rêve se prolongeait et tu as fini par y croire
et c'est à ce moment-là
que tu t'es réveillé
(B98)
06-02-06
pas à pas ...
P a s - à - p a s ton ombre
--- mais Orphée s'est retourné ---
D I S - - - P A - - - R A I T - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Un aveugle au bout du monde
cherche l'ombre de ses pas
(B84)
http://www.la-grange.net/2003/05/31.html
07-02-06
le bon dieu ...
" le bon dieu ne joue pas aux dès " 
EINSTEIN
Mais le diable si !...
(B87)
08-02-06
heureux celui ...
Heureux
celui qui
Exilé
sans retour
dans l'Envers du décor
connait
la Solidarité des livres
(B06)
09-02-06
ombre ...
OMBRE DELETERE
je glisse
sur vos vies immobiles
L'angoisse se met à table
Un ricannement l'efface
sursaut de conscience
dans la
NUIT
NEIGE
(B85)

patrice_rosso.blog.lemonde.fr/ patrice_rosso/.
10-02-06
rose des vents
Rose des vents
la girouette tourne
le monde s'agite
(B06)

http://artlib.free.fr/artstore/giclepapier.htm
11-02-06
la vestale ...
La vestale endormie et le feu s'est éteint ...
Les braises en s'envolant sonnent le glas de la nuit
carillon silencieux du rêve volatil :
Mais pourquoi les enfants aiment-ils tant
courir après les papillons ?
(B06)

Tableau de Picasso





