27-03-06
les portes ...
Les portes ...
Méfiez-vous des portes !
Les portes nous cachent quelque chose !
C'est évident quand elles sont fermées,
ça l'est plus encore quand elles sont ouvertes
offertes comme des putains indécentes.
Trop évident ce qu'il y a derrière !...
Béance trompeuse :
un seau d'eau glacé est suspendu en haut de la porte,
il n'attend que votre passage, mais vous
vous ne voyez que la béance , l'invitation traitresse.
Mais une porte entrouverte est encore plus sournoise,
elle cache bien son jeu, fausse timide,
qui vous laisse croire
en ne montrant qu'une infime partie du tout
que votre imagination reconstituera ce tout
que donc vous avez tout compris
et pouvez vous engager sans crainte
sachant ce qui vous attend derrière.
Mais si vous vous faufilez par l'étroite ouverture,
seconde naissance vers un monde parallèle
vous vous rendez vite compte que tout vous a échappé !
Ce sont les portes de l'anti-monde,
les portes de l'illusion!
Elles ouvrent seulement la caverne de Platon!
Quant aux portes qui se cachent derrière un rideau
elles jouent les pudiques
elles se voilent pour se faire oublier,
faussement soumises.
Elles ont honte d'être là,
si voyantes derrière leur rideau
qui les signale d'autant plus au regard
Elles prennent leurs distances comme pour se disculper,
elles ont naïvement multiplié les obstacles pour les franchir,
vous renvoyant,
innocentées,
la responsabilité de votre acte téméraire.
Une porte en trompe-l'oeil ? C'est un pléonasme !
Une porte est faite pour tromper de toutes façons,
un sens ou les cinq à la fois,
la vue ou un autre,
pour vous faire croire qu'il y a un échappatoire,
une autre option,
une quelconque sortie.
On oublie que les portes servent d'abord à entrer,
sortir ne vient qu'ensuite et n'est qu'un à priori,
d'ailleurs sortir veut toujours dire entrer autre part...
L'entrée est évidente, la sortie jamais!
D'autres portes se cachent dans le mur
caméléons elles jouent les reliefs invisibles,
les agents doubles, les murailles sans passe,
les sans passe- droits opaques,
elles se jouent de vous...
Les portes coulissantes, elles, s'escamotent,
magiciennes d'un décor subtilisé,
ambassadrices
d'un monde en perpétuel glissement de terrain,
siilence et ni vu ni connu.
Mais ne vous y fiez pas!
Elles redeviendront mur dès qu'elles le pourront :
ce sont des portes mutantes, des murs en devenir.
Quant aux portes délabrées des batisses abandonnées,
elles ne sont guère plus sympathiques
même si en gémissant sur leurs gongs
et en rendant des soupirs à fendre l'âme
elles cherchent à vous apitoyer, lamentables sirènes.
Ne vous laissez pas prendre à leurs chants,
ne les franchissez pas,
elles se fermeraient brutalement derrière vous.
"Elles se sont claquées au vent" prétendraient-elles!
La belle excuse ! En fait elles vous claquent au nez,
ne s'encombrant guère de politesse
et prétextent ensuite de leur arthrite rouillée
pour refuser de s'ouvrir dans l'autre sens,
vieillardes aigries
trop heureuses d'avoir capturé de la chair fraiche!
Aussi :
A BAS LES PORTES !
Je veux le don de passe murailles
pour franchir les murs comme je voudrai
quand je voudrai
le don de l'Espace-Temps et de l'ubiquité,
la liberté enfin,
dans les quatre dimensions!
(B06)
29-03-06
la petitesse ...
" La petitesse de l'homme "
dites-vous ??
Mais " l' homme "
est la seule mesure qui nous a été donnée
D' OFFICE !
Les autres,
il a fallu les inventer !
(B06)

31-03-06
l'écorce...
L'écorce
de son destin
s'épluche
de plus en plus fine
en une spirale
hypnotique
qui bientôt
lui ferme les yeux.
Alors s'allume
dans le ciel profond
un pulsar
magnétique
comme un coeur en fusion
promis
à l'immolation
dans la
Mémoire du Monde.
(B06)

tableau de Matisse
